Qu'est-ce qu'un placebo[1] ? C'est une substance neutre et inactive administrée à un groupe de patients pour tester l'efficacité d'une molécule que l'on fait prendre à un autre groupe de patients atteints de la même pathologie.
L'effet placebo est certainement l'effet le plus étudié au monde. Chaque dossier d'autorisation de mise sur le marché (AMM) d'un médicament  établit la comparaison entre l'effet de la molécule étudiée et un placebo. Et, bien sûr, la molécule est validée, entre autres, quand son effet bénéfique est supérieur à celui du placebo. Ce phénomène a été étudié depuis de nombreuses années et notamment sur les anti-douleurs.

Le tableau suivant présente l'index de l'effet placebo par comparaison avec des analgésiques. Les pourcentages obtenus sont le résultat de l'opération suivante :

Diminution de la douleur avec le placebo
Diminution de la douleur avec un analgésique connu

 

Nombre d'études en double aveugle

Effet placebo

pour

Pourcentage

6

Morphine

56%

9

Aspirine

54%

2

Darvon

54%

2

Codéine

56%

3

Zomax

55%

Evans 1985

Cet effet d'amélioration grâce à des substances totalement neutres s'explique sans doute par la croyance du patient que, grâce à ce médicament (qui n'en est pas un), son état va s'améliorer.

Il existe des études montrant l'effet inverse de l'effet placebo : l'effet nocebo. Le tableau suivant indique les effets secondaires ressentis suite à la prise de Pyribenzamine et ceux dus à l'absorption de placebo (en pourcentage).

 

Pyribenzamine

Placebo

Somnolence

37

30

Céphalées

26

42

Vertiges

13

15

Sécheresse buccale

29

30

 

Quel est l'enseignement d'une telle présentation ?
Un certain nombre de patients qui souffrent de pathologies nécessitant des traitements lourds sont souvent confrontés à des effets secondaires particulièrement désagréables. Et, généralement, cela est dû à des croyances à propos du traitement. Ces personnes peuvent se sentir agressées, empoisonnées, démunies, dévalorisées…. Le patient a-t-il projeté dans l'avenir les effets du traitement ? Le traitement peut-il être efficace sans effets secondaires ? Comme nous le montre le deuxième tableau, les effets secondaires peuvent être entraînés par un placebo, c'est donc le patient lui-même qui les induit en partie. Le rôle du psychobiothérapeute, dans un premier temps, sera de supprimer tous les aspects émotionnels négatifs par rapport à la médication.

Le deuxième aspect dans lequel le psychobiothérapeute peut intervenir est le renforcement du traitement par l'effet placebo. Il pourra employer par exemple, des visualisations de type "Simonton" en référence à un couple de pionniers de la thérapie hypnotique qui a démontré par des expériences étonnantes que le patient, grâce à des exercices simples et ludiques pratiqués en état de relaxation, pouvait considérablement augmenter l'efficacité des traitements. Ils citent le cas d'un jeune garçon atteint d'un cancer inopérable du cerveau. Cet enfant était particulièrement intéressé par les jeux sur ordinateur. Ils lui demandèrent de former une image de sa tumeur et lui proposèrent en état de relaxation de tirer dessus avec un pistolet laser virtuel comme dans un jeu vidéo. Le résultat fut la disparition de la tumeur au bout de quelque temps. Le choix du jeu vidéo et des lasers étaient particulièrement judicieux pour ce garçon, d'autres visualisations adaptées à chaque patient peuvent être mises en place pour renforcer l'efficacité du traitement et en diminuer les effets secondaires.



[1] Patrick Lemoine, Le mystère du placebo, éditions Odile Jacob

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