À la cour du roi Louis XIV de nombreux courtisans se plaignaient de troubles digestifs chroniques.Il faut dire que les repas pantagruéliques étaient monnaie courante à Versailles, et que les banquets associaient des plats particulièrement indigestes. Le docteur Tronchin médecin à la cour eut une idée géniale. Il constituait des pilules enrobées d'une très fine feuille d'or et les prescrivait à ses patients une fois par semaine, avec pour obligation, un jeûne de vingt-quatre heures pour permettre aux pilules de faire effet. Ses patients se sentaient beaucoup mieux et il devint une sorte de célébrité à la cour.

Jusqu'au moment où l'on découvrit que ces fameuses pilules étaient composées de mie de pain. C'est sans doute une des premières fois où un médecin utilisa à la fois l'effet placebo et la prescription de tâche.

Le respect que pouvait avoir les personnages de l'époque pour les médecins parlant latin et prescrivant saignées et potions amères, leur donnait toute confiance dans l'effet du médicament prescrit. Le fait que ce médicament fût entouré d'une feuille d'or en augmentait encore la valeur et donc l'effet thérapeutique.

Qu'est-ce qui, dans l'ordonnance de ce docteur fonctionnait le mieux : la pilule ou le jeûne hebdomadaire obligatoire associé qui reposait un peu le système digestif surchargé de ses patients ? Certainement l'association des deux.

Voilà comment l'expression "dorer la pilule" naquit. Au sens propre, on revêt les pilules d'une mince feuille d'or pour les avaler sans en sentir le goût. Au sens figuré, on fait accepter des choses désagréables (un jeûne à des aristocrates plein de morgue) avec des paroles aimables, flatteuses et pleines de promesses.

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